Archives pour la catégorie Chroniques politiques

Ici et ailleurs : les transformations des campagnes électorales aujourd’hui

Par Aymeric Cotard, Anaïs Duval, Guillaume Faucher, Anthony Grally, Julie Monrose (promotion M2 2018-2019) | vendredi 17 mai 2019

Compte rendu de DESRUMEAUX Clément et LEFEBVRE Rémi (dir.), « Faire campagne », Politix, n° 113, 2016.

Les campagnes électorales sont loin d’obéir à un modèle uniforme et la revue Politix nous propose un panorama instructif : qu’il s’agisse des acteurs impliqués, des lieux ou encore des événements qui les composent, chaque article apporte des éléments singuliers qui mettent en lumière des aspects souvent méconnus des campagnes électorales à travers le monde.

La revue Politix propose dans l’une de ses livraisons de 2016 des regards croisés sur les évolutions observées dans la conduite des campagnes électorales en France et à l’étranger. Dans l’article d’introduction de ce dossier, Clément Desrumeaux et Rémi Lefebvre expliquent que selon le contexte, les façons de faire campagne diffèrent, et de nombreux facteurs sont pris en compte pour opérer des choix techniques. Le “choix des armes” se fait notamment en fonction d’une structuration historique et sociologique, et pas seulement en vertu d’une évolution technologique comme il est courant de le penser.

"Faire campagne", Politix, n°113, 2016

« Faire campagne », Politix, n°113, 2016

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L’image détériorée du politique en campagne : une impossible réhabilitation ?

Par Lauranne Arneton-Racon, Benjamin Chamblain, Marion D'Hondt, Lisa Kabi et Anthony Meignen (promotion M2, 2018-2019) | mercredi 8 mai 2019

Compte rendu du dossier « La réparation d’image dans le discours de campagne. Perspectives discursives et argumentatives » publié dans le n° 164 de la revue Langage et société, 2-2018.

La revue Langage et société consacre, dans son numéro 164, un dossier consacré à « La réparation d’image dans le discours de campagne ». L’ensemble des articles a pour point d’ancrage la théorie de William Benoit, qui entend étudier, décrire et classer les différentes stratégies à disposition des hommes et femmes politiques dont l’image a été mise en cause. Plusieurs auteurs tentent de s’émanciper en partie de la théorie de Benoit, affiliée aux sciences de la communication, afin de la lier davantage aux outils et concepts des sciences du langage. Les auteurs tentent ainsi d’enrichir la théorie de Benoit en la mettant en perspective avec d’autres notions, développées ci-après.

couverture de Langage et société, n° 164/2, 2018

couverture de Langage et société, n° 164/2, 2018

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Politique : ces phrases qui résonnent

Par Yasmine Adda, Arthur Grégo, Mickael Legot, Fauz Tauk, Pierre Vendeix | jeudi 7 mars 2019

Compte rendu de lecture du dossier « Les petites phrases », revue Mots, les Langages du politique, n° 117, 2018.

Le n° 117 de la revue Mots, les langages du politique, publié en 2018, s’attache à constituer en objet d’étude un phénomène que l’usage courant désigne par la locution « petites phrases ». Henri Boyer, Chloé Gaboriaux, Irit Sholomon-Kornblit, Éric Treille, Romain Mathieu, Sarah Al-Matary et Annabelle Seoane sont à l’origine des articles qui constituent ce dossier intitulé « Les petites phrases ». Celui-ci s’inscrit dans la continuité des recherches qui ont déjà été consacrées à ce phénomène, notamment le dossier coordonné en 2011 par Alice Krieg-Planque et Caroline Ollivier-Yaniv sur « Les ‟petites phrases” en politique », dans la revue Communication et langages.

couverture du n° 117 de Mots, les Langages du politique (2018)

couverture du n° 117 de Mots, les Langages du politique (2018)

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L’identité des « Identitaires » : stratégies de communication et fabrique symbolique de l’extrême-droite

Par Harefo KEITA, Clémence MAHE, Bénédicte MAHINGA, Victor MANCIET | mercredi 26 décembre 2018

« Pour être Français, être blanc c’est la base », affirme Aurélien Verhassel, représentant dans le Nord de la France de Génération Identitaire, l’organisation de jeunesse du mouvement d’extrême-droite Bloc Identitaire[1]. « Face à la racaille, face à ceux qui veulent fliquer notre vie et nos pensées, face à l’uniformisation des peuples et des cultures… »[2], le Bloc Identitaire, le GRECE, Terre et Peuple, Polémia installent leurs locaux partout en France et occupent la toile. Génération Identitaire à lui seul affirme regrouper depuis 2012 plus de 3 000 adhérents âgés de 18 à 35 ans. Contrairement aux apparences, le militantisme de la mouvance identitaire s’appuie sur une organisation bien rodée. En effet, il s’est largement démarqué par son utilisation précoce de l’Internet afin de faire circuler une « nouvelle » idéologie, dans un but de fédérer dans la sphère numérique. Mais ses stratégies de communication ne s’arrêtent pas là. Reposant sur ce que le sociologue Samuel Bouron qualifie de mécanisme de « reconstruction et déconstruction »[3] de l’identité, le Bloc Identitaire poursuit la socialisation de ses nouvelles recrues dans des camps d’entrainement qui prennent les allures d’universités d’été. Ainsi, la mouvance fédère en ligne, s’entraîne en coulisses et agit dans les villes et les campagnes devenues théâtres de leurs actions.

Défilé de Génération identitaire à Paris Crédit : ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA

Défilé de Génération identitaire à Paris. Crédit : ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA

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Les mobilisations féministes sur Internet : entre luttes anti-hégémoniques et reproduction des rapports sociaux de domination

Par Selim Ben-Amor, Clarisse Civil, Jana Chehadeh, Manon Christen (promo 2018-2019) | mardi 4 décembre 2018

4. anti-feminisme_média4-1Les hashtags #Metoo et #Balancetonporc, diffusés à partir d’octobre 2017, illustrent l’importance prise par Internet dans les mobilisations féministes, qu’il s’agisse de faciliter l’organisation des actions collectives ou d’alimenter le débat public et politique. Si la presse a constitué historiquement une composante centrale du répertoire médiatique du mouvement féministe, entendu comme l’ensemble des outils d’information et de communication mis au service des mobilisations contre les oppressions subies par les femmes et pour l’égalité et la mise en valeur de leurs droits et des conditions réelles de leur existence, Internet s’impose à partir de la fin du XXème siècle comme un espace privilégié de communication dans et sur l’espace de la cause des femmes[1]. Toutefois, si les contributions en ligne semblent apporter au mouvement féministe un atout stratégique dans sa « guerre de position »[2] contre l’hégémonie de la culture patriarcale et les inégalités de genre qu’elle nourrit, en ouvrant le mouvement à de nouvelles couches sociales et à de nouvelles idées, on peut se demander si Internet ne contribue pas dans le même temps à des formes d’enfermement dans l’entre-soi militant. Lire la suite

Se servir des médias sans leur être asservi ? Une analyse de l’entrée en politique de François Ruffin

Par Sandrine Nkouoh, Anabelle Patier, Benjamin Chamblain, Hugo Rémond-Marques, Quentin Rousset | lundi 8 janvier 2018

ob_108ee3_francois-ruffin-a-amiens-07-171Élu député de la première circonscription de la Somme le 18 juin 2017, au deuxième tour des élections législatives, le journaliste et militant de gauche François Ruffin déploie depuis cette date, au sein du groupe parlementaire La France Insoumise (LFI), une stratégie de mise en scène publique de soi qui détonne dans un paysage politique dominé par le consensus « social-libéral » de La République en Marche (LREM), le parti du président Emmanuel Macron. Fondateur du journal alternatif Fakir en 1999, critique acerbe des méthodes de formation des journalistes (Les Petits Soldats du journalisme, 2003), auteur de plusieurs enquêtes journalistiques et essais politiques (Quartier Nord, 2006 ; La Guerre des Classes, 2008 ; Leur grande trouille, 2011 ; Comment ils nous ont volé le football, 2014), François Ruffin se fait connaître du grand public en 2016 en tant que co-initiateur du mouvement Nuit Debout et réalisateur du documentaire « Merci Patron ! », qui totalise plus de 500.000 entrées en salle et obtient le césar 2017 du meilleur documentaire. Bien qu’il soit très critique à l’égard de l’emprise des « communicants » sur la vie politique, à qui il reproche de renforcer la coupure entre les élus et les citoyens, sa manière très personnelle d’incarner le rôle de député peut toutefois être interrogée sous l’angle de la sociologie politique de la communication. Comment ce militant-journaliste, longtemps resté en-dehors du champ politique national, se lance-t-il dans la course électorale et parvient-il à s’affirmer dans les débats parlementaires ? Comment ce critique radical des médias et du journalisme en vient-il à multiplier les interventions dans les émissions grand public des médias audiovisuels, et à quel prix ? Quelles prédispositions liées à sa biographie personnelle et professionnelle permettent de saisir cette « prise de rôle » (au sens de Goffman) pleine de paradoxes ? Lire la suite