Professionnaliser la communication des ONG de solidarité internationale : une nécessité paradoxale

Par Manon Basset, Maeva Bellemare, Théo Berard, Gaëlle Bira | mercredi 18 octobre 2017
Source : https://ongpublicites.files.wordpress.com/2010/11/medecins-sans-frontieres_campagne-publicitaire-de-recolte-de-dons.jpg

Source : https://ongpublicites.files.wordpress.com/2010/11/medecins-sans-frontieres_campagne-publicitaire-de-recolte-de-dons.jpg

« Pour survivre, il faut (…) apprendre à apitoyer et aller chercher la fortune là où elle est ! ». C’est en ces termes d’un réalisme cru, justifié par l’urgence et l’ampleur des besoins, que Bernard Kouchner enjoint dans Charité Business (1986) les Organisations non-gouvernementales (ONG) humanitaires à mettre tout en œuvre pour parvenir à financer leurs missions. Trente ans plus tard, si l’on en juge par les moyens mis à disposition des services de communication des ONG de solidarité internationale, le message est entendu : du streetmarketing aux grandes campagnes diffusées dans les médias, leurs services de communication ont connu un processus de professionnalisation qui aurait sans nulle doute décontenancé les premiers « humanitaires ». Ce processus, relativement récent, ne va pas de soi. Selon Pascal Dauvin (2010), enseignant-chercheur en science politique à l’Université de Versailles Saint-Quentin, la communication des ONG est un outil essentiel pour informer, collecter des fonds, promouvoir l’organisation, mobiliser les différentes populations et garder une certaine autonomie  vis-à-vis des États. Or les objectifs de la communication des ONG ainsi définis découlent directement de ceux que l’on retrouve dans les entreprises privées. Avec la multiplication du nombre des ONG, les services de communication au sein de ces organisations se sont professionnalisés en ayant désormais recours à de véritables spécialistes de la communication usant de techniques et de pratiques issues du marketing afin d’atteindre leurs objectifs (Dauvin, 2010). Peut-on sans se contredire transformer des grandes causes en simples produits ? Dans Economie et Société (1922), Max Weber oppose la rationalité en valeur, qui consiste à agir par conviction, caractérisant ainsi l’action humanitaire avec sa logique du don et du bénévolat, à la rationalité en finalité, c’est-à-dire la recherche de l’efficacité et du meilleur moyen d’atteindre son but par un calcul coût/avantage, caractéristique des pratiques du marketing en entreprise. Ces deux concepts sont au coeur du sujet: si les ONG étaient à l’origine dans un processus de rationalité en valeur, elles ont depuis évolué vers un modèle de rationalité en finalité. Alors pourquoi cette intégration des principes marketing d’entreprises si controversé s’est-elle avérée nécessaire au développement et à la survie des ONG de solidarité internationale ? Lire la suite

Retour sur l’affaire des « Pussy Riot » : bouc-émissaires médiatique ou virtuoses militantes ?

Par Dahlia Adda, Lois Aisa, Géraud Albouy, Lauranne Arneton-Racon, Pauline Aufrère, Kaïna Bakli | samedi 14 octobre 2017

Les Pussy Riot (« émeute de chatte »), un groupe punk et féministe russe, ont défrayé la chronique médiatique au printemps 2012 suite à un happening provocateur dans une cathédrale de Moscou. Les trois membres du groupe entendaient dénoncer la collusion entre le clergé orthodoxe russe et le pouvoir présidentiel. Une vidéo diffusée sur la toile a rapidement fait le tour du monde, contribuant à ériger les Pussy Riot en symbole de l’opposition au gouvernement de Vladimir Poutine. Analyse de la médiatisation internationale de musiciennes en colère.

pussyriot

Performance des Pussy Riot devant la cathédrale Saint Basil à Moscou, le 20 Janvier 2012. Photographe: Anna Artemeva/AFP/Getty Images

Lire la suite

Communiquer avec les jeunes : un défi de taille pour la mission locale d’Orly-Choisy

Par Émilia DAVODEAU et Yohann GARCIA | vendredi 29 septembre 2017

Communiquer avec les jeunes : un défi de taille pour la mission locale d’Orly-Choisy « Fournir au bon jeune la bonne information au bon moment ». Tel a été le souhait formulé par notre commanditaire lors de notre première rencontre le 20 avril dernier. Souhait ? Commanditaire ? Mais de quoi parle-t-on au juste ? Petit retour en arrière. Lire la suite

Le préfixe « re-» comme marqueur de rhétorique du déclin : une variété d’usages dans les discours politiques français

Par Caroline Com et Marion Jaille | lundi 29 mai 2017
Article de Minute du 26 octobre 2016, sur le site web de l’hebdomadaire (www.minute-hebdo.fr). Capture d’écran.

Article de Minute du 26 octobre 2016, sur le site web de l’hebdomadaire (www.minute-hebdo.fr). Capture d’écran.

« Retrouver le souffle de la France » Cet intitulé ne vous choque pas ? Rien ne vous dérange dans cette formulation utilisée comme titre d’article dans Minute ? C’est bien normal, car elle ne se veut pas polémique au premier abord : elle n’est pas faite pour déstabiliser. Pourtant cet énoncé, ces quelques mots, présentent une force rhétorique dont nous allons exposer les fonctionnements et les enjeux. Lire la suite

François Fillon et la doxa libérale : l’appel à « libérer l’économie »

Par Clément Lebourg | mardi 23 mai 2017

François Fillon, candidat à la Présidentielle de 2017 pour représenter le parti politique de droite Les Républicains, s’est positionné sur le terrain électoral libéral-conservateur. Ce positionnement s’ancre dans un contexte politique particulièrement incertain et tendu, marqué notamment par des démarches populistes et par des intentions de vote favorables à l’extrême droite. Mais, au-delà des commentaires d’actualité et des analyses de la conjoncture politique, la campagne électorale pour les présidentielle de 2017 est aussi l’occasion, comme d’autres, d’étudier les soubassements idéologiques implicites des programmes des candidats.

Site web de François Fillon, candidat Les Républicains aux élections présidentielles, www.fillon2017.fr

Site web de François Fillon, candidat Les Républicains aux élections présidentielles, www.fillon2017.fr

Lire la suite

L’habit en politique ou la symbolique du pouvoir. L’exemple français : de 1958 à 2017

Par Tanguy Hergibo | mardi 4 avril 2017
Michel Rocard aux cotés de François Mitterrand, Président de la République Française.

Michel Rocard aux cotés de François Mitterrand, Président de la République Française.

« Oui, l’habit ça flatte toujours ; et ce n’est pas moi qui suis élégant, c’est mon costume. » disait Marcel Pagnol. En effet, le costume a toujours représenté bien plus que l’Homme qui le portait et c’est pour cela qu’il est une arme de démonstration du pouvoir depuis bien des siècles. Lire la suite