Archives mensuelles : juin 2016

La fin du bipartisme à la sauce espagnole ?

Par Mathilde Armien et Thérèse Massamba (M1) | vendredi 24 juin 2016
Mariano Rajoy (PP), Pedro Sánchez (PSOE), Albert Rivera (Ciudadanos) et Pablo Iglesias (Unidos Podemos) lors du débat du 13 juin 2016.

Mariano Rajoy (PP), Pedro Sánchez (PSOE), Albert Rivera (Ciudadanos) et Pablo Iglesias (Unidos Podemos) lors du débat du 13 juin 2016.

« España tumba el bipartidismo y deja en el aire el gobierno », « Rajoy gana las elecciones con un Parlamento ingobernable », « Lío general »[1]. Au lendemain des élections générales du 20 décembre 2015, les journaux espagnols s’inquiètent de la fin du bipartisme et de la situation politique inédite de l’Espagne. Aucun des quatre grands partis espagnols – le Partido Popular (PP), le Partido Socialista Obrero Español (PSOE), Podemos et Ciudadanos – n’est parvenu à imposer une majorité. Cette élection pas comme les autres met fin au bipartisme traditionnel (PP/PSOE) et acte la montée de deux jeunes partis. Pour bien comprendre le caractère exceptionnel de cette conjoncture politique, il faut entrer dans les rouages de la monarchie parlementaire espagnole. Tous les quatre ans, les Espagnols sont invités à voter pour élire les membres des Cortes Generales. En Espagne, les Cortes Generales désignent un parlement bicaméral composé d’un Congrès de 350 députés (un député pour 100 000 habitants) et d’un Sénat d’environ 260 élus. En raison des disparités démographiques sur le territoire espagnol, la population élit les députés au scrutin proportionnel de liste par province du pays (Ceuta et Melilla ont un statut particulier de villes autonomes) et les sénateurs au scrutin majoritaire plurinominal par province. A la suite des élections du 20 décembre dernier, aucun parti n’a réussi à atteindre les 175 sièges nécessaires au Parlement pour former un gouvernement. Le PP a obtenu 122 sièges, le PSOE 91, Podemos 69 et Ciudadanos 40. Pendant des mois, les quatre partis ont essayé de trouver un accord, de négocier entre eux pour pouvoir former un gouvernement. En vain. Face à l’impossibilité de trouver une entente, le roi d’Espagne Felipe VI a dissolu le Parlement le 3 mai 2016 et a convoqué de nouvelles élections le 26 juin. Comment analyser la campagne électorale des quatre grands partis espagnols ? Lire la suite