Archives mensuelles : novembre 2015

« Politique » : nom féminin… non féminin

Par Camille Dely et Manon Majesté | jeudi 19 novembre 2015

Sans titre1La démocratie représentative telle que nous la connaissons aujourd’hui en France est en crise : beaucoup considèrent en effet que nos représentants…ne nous représentent pas. Cette crise de la représentation s’explique par le peu de diversité ethnique ou sociale de ceux qui pourtant ont été élus, par une France où la diversité est présente. Cela s’explique aussi par la très faible proportion de femmes dans ces instances représentatives. En effet, 70 ans après l’entrée des premières femmes députées à l’Assemblée nationale, l’hémicycle n’est aujourd’hui composé de femmes qu’à hauteur de 26%. Et c’est un record pour la Vème République[1].

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Hommage aux victimes du 13 novembre

Par Rédaction M1 | mardi 17 novembre 2015

Suite aux événements tragiques advenus ce vendredi 13 novembre, l’ensemble de la promotion tient à rendre hommage à toutes les victimes.

C’est dans une profonde tristesse et avec une immense compassion que nous rédigeons ces quelques lignes, afin de transmettre nos condoléances et notre soutien à ceux qui ont été intimement touchés par ces drames.

L’horreur, dans ce qu’elle a de plus injuste et de plus aveugle, a frappé la France vendredi soir dernier. Face à ces crimes innommables, nous devons néanmoins, plus que jamais, nous rassembler autour des valeurs qui sont les nôtres : la liberté, de croire, de circuler, d’apprendre, de vivre ensemble.

C’est en restant unis et solidaires, forts de nos différences et riches de nos échanges, que nous lutterons efficacement contre le visage sans fard de la haine, de l’ignorance et de l’obscurantisme.

Une résistance oubliée : les médias, les mobilisations anti-guerre et le conflit en Irak

Par Mathilde Armien, Kheira Babin, Auriane Calambe, Irma Da, Mélanie Dosreis et Lucie Roche | lundi 16 novembre 2015

 

©26 Octobre 2009, Londres : Manifestation massive pour le retour des troupes britanniques

©26 Octobre 2009, Londres : Manifestation massive pour le retour des troupes britanniques

En référence à la montée actuelle de « l’Etat islamique », Tony Blair a récemment reconnu, à demi-mot, la responsabilité de la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak lancée en 2003. Il s’est excusé « pour les erreurs commises dans la planification de la guerre en Irak et pour le manque d’anticipation de ce qui pouvait arriver si on éliminait le régime de Saddam Hussein »[1]. Ces déclarations surviennent au moment où la commission Chilcot, mise en place en 2009 par le premier ministre de l’époque Gordon Brown, doit rendre un rapport exposant en détail la stratégie de manipulation de l’opinion publique orchestrée par la CIA et le gouvernement britannique pour légitimer l’entrée en guerre et justifier le maintien des troupes sur place. Ce discours d’auto-critique, considéré comme une véritable « opération de communication »[2] par le quotidien Le Monde, intervient dans un contexte d’enlisement des conflits au Proche-Orient, de poussée sans précédent de Daesh, que sont venus rappeler les attentats sanglants survenus à Paris, vendredi 13 novembre 2015, et l’absence de consensus quant aux solutions à apporter à ces crises endémiques dans la communauté internationale. S’agit-il de profiter d’une conjoncture où l’impuissance publique peut s’afficher ouvertement, pour effacer à peu de frais les mensonges officiels déversés pendant tant d’années à l’opinion par les autorités ? A l’occasion des nombreuses manifestations menées depuis 2003 contre cette guerre, les organisations militantes n’ont eu de cesse de dénoncer les manipulations des gouvernements impliqués dans le conflit irakien. Un jeu de propagande et de contre-propagande qui a fait de cette guerre, aujourd’hui largement éclipsée par d’autres (à commencer par la crise syrienne), un exemple emblématique dans l’analyse du rôle des médias dans les conflits armés[3]. La période 2003-2015 a en effet vu une sophistication croissante des stratégies de communication non seulement des gouvernements et des forces armées, mais également des organisations anti-guerre. Le « répertoire médiatique » de ces dernières a principalement consisté, d’une part, à tenter de pénétrer les médias dominants en vue d’y imposer des messages favorables à leur cause et, d’autre part, à créer des outils de communication propres, notamment grâce aux outils aujourd’hui disponibles sur le Web. Retour sur douze ans d’une guerre médiatique qui fut partie intégrante du conflit sur le terrain.

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www.facho.eu : quand l’extrême droite européenne tisse sa toile

Par Léo Cogos, Manon Majesté, Youssara Id Chrife, Camille Dely et Alizé Etchegory | lundi 9 novembre 2015

L’actuelle crise des réfugiés que connaît l’Europe a donné aux sites d’extrême droite l’occasion de faire fructifier leur expertise en matière de désinformation et de propagande. Images d’enfants morts présentés comme ayant été « noyés » par leurs propres parents[1], présentation d’un soldat syrien arrivé en Allemagne comme un guerrier de Daesh[2] : les exemples sont multiples et les techniques – déformation des faits, sources opaques, rhétorique du complot – bien connues. Si les mouvements et partis politiques d’extrême droite bénéficient de réseaux de soutiens militants sur le terrain, l’un des aspects les plus remarquables de leur présence publique réside dans les stratégies qu’ils déploient sur Internet. C’est notamment le cas sur les réseaux sociaux, devenus des outils précieux de création et de diffusion de leurs discours. Cette « fachosphère » se présente comme une constellation de divers sites animés par des groupes ou des individus d’extrême droite, pas nécessairement rattachés à des partis politiques. Le web, souvent présenté comme un facteur de démocratisation de l’espace public, constitue aussi un « formidable moteur » pour la diffusion des idées des néofascismes européens[3].

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Marine le Pen, cheffe d’orchestre médiatique: retour sur le non-événement de l’émission « Des paroles et des actes »

Par Kheira BABIN et Alexandre GAVARD | vendredi 6 novembre 2015
MLP

© European Union 2015 – European Parliament

Le 7 octobre dernier, Marine le Pen est pour la cinquième fois[1] invitée dans l’émission politique « Des paroles et des actes » sur France 2. Cette émission qui devait se dérouler le 22 octobre a été le terrain d’un jeu politico médiatique impressionnant qui a abouti à son annulation. Loin de subir cet épisode à rebondissements, la présidente du Front National semble avoir maitrisé du début à la fin son hypothétique passage télé. Bien qu’ayant décliné l’invitation à la dernière minute, elle en ressort en ayant renforcé son capital politique – la légitimité qui donne à un décideur des moyens d’agir[2] – et son capital médiatique, la capacité à se fabriquer une notoriété grâce aux médias de masse dans le champ politique et en dehors[3].

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