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MoVimento 5 Stelle : les étoiles mystérieuses du populisme italien

Publié le jeudi - 27 juin 2013

En Italie, la fulgurante ascension du MoVimento 5 Stelle a été la principale surprise des élections générales des 24 et 25 février. Alors que l’Italie traverse une période de grave crise économique, la focalisation des débats sur l’honnêteté des « experts » qui imposent à leurs citoyens rigueur et sacrifice a profité à la formation de Beppe Grillo. Reste à savoir vers quelle(s) direction(s) va désormais s’orienter ce mouvement protestataire.

Les élections législatives italiennes des 24 et 25 février 2013 ont consacré l’irruption d’une nouvelle formation sur la scène politique de la Péninsule. Créé en 2009 et révélé trois ans plus tard lors des élections municipales de 2012, le Movimento 5 Stelle (M5S) a effectivement bouleversé le jeu politique italien dominé par le centre-gauche et le centre-droit qui alternent au pouvoir depuis la naissance de la Seconde République. Le M5S a ainsi recueilli plus de 8 millions de voix pour les élections des députés et plus de 7 millions dans la course pour le Sénat. Soit l’équivalent des votes en faveur du Parti Démocrate (PD) et du Parti du Peuple de la Liberté (PDL) qui peuvent chacun compter sur le soutien des petites formations qui composent les deux grandes coalitions de gauche et de droite.

Le bouffon contre les élites

Né 64 ans plus tôt à Gênes, le leader du mouvement, Giuseppe « Beppe » Grillo – Jiminy Cricket pour la presse anglophone – n’était pas candidat lors des élections du mois de février dernier et n’a donc de siège ni à la Chambre des députés ni au Sénat, à l’inverse des 163 néoparlementaires qui depuis quelques mois découvrent les arcanes de la vie politique de leur pays. La centaine de grillini qui a rejoint les rangs du Parlement italien a en commun d’avoir été choisie préalablement par les citoyens à travers Internet. Femmes au foyer, enseignants, informaticiens ou étudiants, les grillini partagent également le fait de n’avoir jamais exercé une activité politique à titre professionnel. Loin d’être un handicap, ces néophytes revendiquent au contraire une plus grande proximité avec la société civile. Les promesses d’une meilleure représentation, la lutte contre la corruption, le clientélisme et les affres de la partitocratie sont en effet les principaux thèmes mis en avant par Grillo et les siens.

Reconnaissable à son attitude acariâtre et à sa tignasse ébouriffée, voilà quelques années que « Beppe » prend un malin plaisir à esquinter la classe politique. Le comique n’est, en effet, pas totalement inconnu des Italiens et c’est sur le petit écran, au début des années 1980, qu’il a fait son apparition pour jouer le rôle du trublion dans des émissions de divertissement. Sa cible favorite ? La classe dirigeante, déjà, et particulièrement le président du Conseil d’alors, le socialiste Bettino Craxi. Ce dernier l’interdira d’antenne en 1986, après une énième facétie de Grillo, déclarée à la suite d’une visite en Chine d’une délégation italienne (« S’ils sont tous socialistes, alors qui volent-ils ? »).

Banni de la télévision, c’est vers les planches de théâtre que se tourne alors ce Savonarole des temps modernes pour continuer à haranguer la foule et prononcer ses diatribes contre les élites, à l’image du moine dominicain, pourfendeur en son temps des Médicis. Arrivés au pourvoir, Grillo et les grillini nourrissent-ils cependant la même ambition que Savonarole et de ses partisans les piagoni d’installer une dictature puritaine et populiste ?

Journalistes et commentateurs de la politique italienne se sont les uns après les autres interrogés sur la nature du Mouvement 5 étoiles sans parvenir clairement à l’identifier. Même les hommes politiques et les membres des partis traditionnels ne parviennent à décrypter le « phénomène M5S ». Bersani, l’ancien premier secrétaire du PD et vainqueur des récentes élections s’est heurté à plusieurs reprises à un refus catégorique des grillini dans sa tentative de former une alliance et de neutraliser par la même occasion le pouvoir de nuisance du mouvement en l’assimilant au sein du jeu parlementaire. Face à cette nouvelle concurrence, une autre attitude a été de défier le M5S sur son propre terrain en faisant montre d’un moralisme exacerbé, renonçant comme la Lega Nord à toutes formes de subvention publique. Frappé l’année passée par un scandale de détournement de fonds, le parti indépendantiste fondé par Umberto Bossi n’a pu que constater l’effritement de sa base électorale, en partie au profit du M5S qui a canalisé le vote protestataire des Italiens.

« Poujadisme et gauchisme participatif »

Qualifié de populiste, le Movimento 5 Stelle marque par son avènement l’inscription de l’Italie dans une dynamique internationale tout en révélant des particularités propres au contexte sociopolitique de la Péninsule. Né sur le terrain d’une double crise, l’émergence du M5S – comparé un temps au mouvement des Indignés en Espagne ou au Parti pirate allemand – est la manifestation d’un désenchantement politique et d’un désarroi social liés aux scandales à répétition, à la mauvaise représentation et à la panne du projet égalitaire porté par la démocratie.

Face à la corruption, l’absence d’alternatives réelles et l’affirmation d’une culture politique gestionnaire, Grillo a apporté les réponses qu’attendaient les Italiens. « C’est un peu Monsieur tout le monde, il est comme nous. C’est une personne du peuple » déclarait une sympathisante en marge d’un meeting organisé par le mouvement. Pendant que les deux grands partis, PD et PDL, accordaient leur confiance au gouvernement dirigé par il professore Mario Monti, Grillo a su saisir l’occasion pour séduire un public fatigué de devoir faire face sans broncher aux contraintes économiques. Conscient du fait qu’il est impossible de refonder la politique sur l’éloge du pragmatisme et du réalisme, Beppe Grillo est parvenu à insérer son mouvement entre les deux pôles de la politique italienne afin de capter un vote protestataire et rallier les insatisfaits des deux camps.

Le M5S a réussi le tour de force de réunir les électeurs de tous bords et de bousculer ainsi les ancrages sociologiques et territoriaux qui avaient jusque-là marqué les vingt années de la Seconde République italienne. Bien que sa base électorale soit davantage marquée à gauche et que le contenu de son programme comporte des thèmes également partagés par les partis situés à gauche de l’échiquier politique – les cinq étoiles symbolisent l’eau publique, la mobilité durable, l’environnement, les transports et la connectivité – le MoVimento de Grillo a également rallié en sa faveur le vote du « peuple de droite ». Électeurs fidèles au Peuple de la Liberté, le parti de Silvio Berlusconi, une partie des entrepreneurs, des travailleurs indépendants et des femmes au foyer ont cette fois décidé de suivre les étoiles du Beppe. « Mouvement liquide 1» plus que parti de classe, le M5S se définit effectivement comme une association libre de citoyens placée au-dessus des clivages partisans entre la droite et la gauche.

Prenant acte des évolutions qui ont marqué l’organisation partisane, Grillo doit son succès électoral à la désaffiliation et à la décomposition continue de l’appartenance et de l’identification spontanées des électeurs à un parti. Affaiblie par la professionnalisation du politique, la notabilisation de la classe dirigeante et le déclin des identifications politiques, la crise de la représentation est également le symptôme d’une incapacité des partis traditionnels à figurer, à incarner le groupe social qu’ils sont censés représenter.

L’exploit des grillini et de la « vague antipolitique »2 – selon les mots de la presse italienne – qui s’est abattue sur les partis-emblèmes de la Seconde République signe-t-il pour autant la « fin du système politique sur lequel elle est fondée »i, comme le prophétise le politologue Ilvio Diamanti 3? Ses critiques acerbes contre la partitocratie – l’origine du mouvement remonte à 2007 et l’organisation d’une manifestation antipartis, le Vaffanculo-Day, dans de nombreuses villes italiennes – place le M5S dans la longue lignée des mouvements anti-système, populistes, qui déploient une rhétorique opposant le peuple, partie saine et unifiée de la société, aux riches élites oligarchiques qui se sont emparées du pouvoir. L’exposé vindicatif de Grillo contre la classe dirigeante italienne se double toutefois de propositions inédites afin d’élargir la délibération, la discussion et ainsi « démultiplier la souveraineté » selon la formule de Pierre Rosanvallon4. Comme le note Jacques de Saint Victor, historien du droit et des idées politiques, la formation des grillini « joue sur un mélange de poujadisme et de gauchisme participatif ». Adepte de la « démocratie numérique »5 et du contrôle des élus par les citoyens, Grillo a fait de l’utilisation des nouveaux médias numériques, la clé de son mouvement politique. Afin de redonner le pouvoir à la société civile, le M5S prône une nouvelle forme de démocratie, horizontale et davantage participative.

Internet, lieu de la politique

Casaleggio1Après la télévision et le théâtre, au début des années 2000, la route de Grillo croise celle d’un certain Gianroberto Casaleggio. Une rencontre décisive pour le futur leader du M5S. Actionnaire-fondateur et président d’une boîte de communication spécialisée dans l’édition et la stratégie en ligne – la Casaleggio Associati – Casaleggio est devenu depuis la véritable tête pensante du mouvement. C’est lui qui a converti Grillo à l’utilisation du Net dans sa conquête de la politique italienne. C’est également en partie grâce à ce passionné des chevauchées de Gengis Khan et des romans de Tolkien qu’aujourd’hui le blog de Beppe Grillo figure parmi les dix sites les plus fréquentés au monde6.

Personnage aussi influent que Grillo au sein du M5S, Casaleggio demeure, à l’inverse de son partenaire qui anime les foules, tapi dans l’ombre du mouvement. Pour comprendre la vision du gourou du M5S, une courte vidéo circule en ligne dans laquelle Casaleggio annonce l’avènement de la civilisation Gaïa dont le président sera élu à travers le Web et ce, après un conflit meurtrier entre les démocraties en ligne et le reste de la civilisation qui coûtera la vie à plus de six milliards d’individus. « Cette civilisation marquera l’émergence d’un nouvel ordre mondial sans partis politiques, sans idéologies, sans religions »7.

Ce sont pourtant moins ses prophéties que son érudition sur le fonctionnement de la Toile qui ont été utiles à Grillo dans sa conquête du vote des Italiens. Les capacités professionnelles et les connaissances stratégiques sur le réseau de Casaleggio ont permis à l’activisme politique de Grillo de rencontrer un écho considérable. L’essor du MoVimento 5 Stelle représente une « césure par rapport au modèle qui s’est affirmé sous la Seconde République en ce qu’il affecte directement les rapports entre la société, la politique et les moyens de communication »8 soutiennent Fabio Bordignon et Luigi Ceccarini, tous deux sociologues et analystes des nouvelles formes de participation politique.

Le projet politique du M5S ne recourt pas aux moyens de communication traditionnels et au rôle majeur assumé jusque-là par la télévision. A l’inverse, Internet, en plus d’être utilisé comme plateforme de communication et de mobilisation, devient le lieu de la politique, principal « canal à travers lequel les citoyens sont intégrés au sein de la sphère publique »9. Contrairement aux médias de masse comme la presse, la radio puis la télévision qui sont devenus, depuis la naissance de la démocratie de masse, les véritables lieux de médiation entre les élus et les électeurs, Internet permet selon l’idéologie du M5S d’affirmer la dimension participative de la démocratie en faisant du « public passif de la télépolitique, un citoyen actif » concluent les deux chercheurs.

La télévision, « théâtre de la politique » n’est pourtant pas totalement absente dans la stratégie de communication de Grillo. Si le chef du M5V refuse d’apparaître sur le petit écran et dans les talk-shows politiques dont les Italiens raffolent, « la télévision ne perd pas de vue »10 le comique génois, comme le soulignent Massimo Scaglioni et Anna Sfardini, professeurs à l’université catholique de Milan et auteurs d’un livre sur le MoVimento 5 Stelle. Ses frasques et déclarations polémiques attirent en effet l’attention des médias et lui assurent une visibilité médiatique. Une forme de « présence absence » qui lui profite énormément. En effet, le MoVimento est parvenu à séduire des électeurs à la fois plutôt situés à gauche et d’autres à droite. Or, parmi ces derniers, une majorité (52%) affirme s’informer principalement par la télévision plutôt que par Internet, le petit écran demeurant encore le média de référence pour une part importante de la population…et donc incontournable dans la quête de l’électorat.

Le nouveau visage de la participation politique

Si l’ascension du M5S peut être comparée à celle, une dizaine d’années auparavant, de Berlusconi et de son parti Forza Italia, la stratégie de communication des deux leaders populistes est foncièrement différente. Le Cavaliere bénéficia en effet de son statut d’entrepreneur, d’homme nouveau de la politi

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Que ce soit pour la sélection de leurs candidats au Parlement ou de leur participation à la construction du programme soutenu par le mouvement, une grande latitude est laissée aux citoyens qui jouissent d’une relative autonomie. Refusant d’apparaître comme un appareil rigide et professionnalisé qui se pose comme intermédiaire entre les citoyens et les institutions, le M5S tente de replacer les électeurs au centre de la politique, d’en faire des acteurs dans le choix mais surtout dans la formulation des décisions qui les concernent. Le programme du MoVimento s’est ainsi progressivement développé sur la base des requêtes, des doléances et des sollicitations des citoyens et utilisateurs les plus actifs sur la Toile.
que et du discrédit qui frappait la classe dirigeante italienne à la suite de l’opération Mani Pulite pour imposer son discours et sa propagande électorale grâce à la télévision et à ses intérêts dans quelques entreprises médiatiques italiennes. Pour autant, « la force charismatique de Berlusconi résidait dans sa participation directe invasive à la compétition électorale »11 remarque Raffaele Laudani, professeur à l’université de Bologne. Beppe Grillo agit en effet en dehors de l’arène électorale, comme l’a montré sa non participation aux élections générales – officiellement, en raison d’une condamnation judiciaire – occupant le « rôle de moralisateur du système »12.

Grâce à l’utilisation des médias numériques, le MoVimento semble de fait avoir trouvé la solution pour faire front à la tendancielle chute de la participation qui frappe tous les partis politiques. Si le schéma organisationnel du mouvement présente de nombreuses similitudes avec celui des partis de masse – coordination et superposition entre le cercle des militants, celui des sympathisants et enfin des électeurs – l’utilisation du Web offre au M5S de nouvelles possibilités pour les électeurs aux quatre coins de l’Italie. Le MoVimento ne dispose d’aucun siège sur le territoire. A l’inverse, des groupes de discussion éphémères se forment comme lieux de rencontre et d’interaction entre militants et citoyens qui pour la plupart n’ont jamais participé à une activité partisane. Des forums de discussion appelés meetup ont ainsi essaimé dans toute la Péninsule proposant ni plus ni moins à leurs participants de partager leurs solutions aux problèmes de leur ville et de leur pays.

Entre promesses démocratiques et pouvoir arbitraire

Malgré ses profondes divergences avec les partis traditionnels, le Movimento 5 Stelle, au fur et à mesure de son insertion dans le jeu politique, a lui aussi été gagné par les tendances qui caractérisent les systèmes politiques des démocraties modernes. Ainsi, bien qu’il rejette la figure du leader, le modèle institué par Beppe Grillo s’inspire beaucoup de la personnalisation de la politique instaurée par Berlusconi. Centré autour de la personne de Grillo, le M5S est tout entier illuminé de la figure rayonnante de son chef de file. Lors de la présentation du mouvement pour les élections générales du début de l’année, Grillo précisait le rôle qu’il entendait assurer à la tête du M5S : « mon rôle est d’être le garant du MoVimento, d’assurer un contrôler sur la formation, de contrôler qui entre (…) nous devons garder un seuil d’attention très élevé »13.

Ainsi sa relative mise en retrait ne l’empêche pas de garder un œil attentif sur l’activité des élus grillini et d’excommunier, de façon arbitraire, tous ceux qui oseraient s’écarter de la ligne de conduite fixée par le chef du M5S et approuvée par ses membres. Federica Salsi, conseillère communale à Bologne, en a fait l’amère expérience. Son apparition lors d’une émission télévisée n’est pas passée inaperçue. Après avoir vivement critiqué son attitude – comparant la télévision au « point G » et le quart d’heure de célébrité qu’offre le petit écran à un « orgasme » – Beppe Grillo a expulsé, via son blog, la frondeuse.

En subordonnant l’action des élus à une discipline interne stricte, l’objectif est de rompre avec toute conception personnelle de l’élection et de manifester symboliquement la dépendance des représentants par rapport au peuple. Dans le monde idéalisé de Casaleggio, les classes sociales, les partis, les religions disparaîtront au profit d’une communauté reposant sur la participation « horizontale » de ses membres. « L’important c’est le mouvement et le concept de communauté. La Toile permet l’appartenance à une communauté dès la naissance. Il peut y avoir des communautés de toute nature. Aujourd’hui, le M5S est une communauté politique » écrit-il avant de poursuivre quelques lignes plus loin « or dans une communauté, on ne peut aller contre les règles sinon il n’y a plus de communauté ».

Le contrôle strict exercé par le leader sur le mouvement a parfois tendance à irriter, au sein même du MoVimento. Expulsé du M5S pour avoir encaissé la somme de 1100 euros, correspondant aux remboursements de frais de carburant alors qu’il affirmait ne pas posséder de véhicule, Antonio Venturino – vice-président de l’Assemblée régionale de Sicile – a récemment fondé une nouvelle formation politique pour rallier tous les déçus du « grillinisme ». Entre promesses démocratiques, critique des médias traditionnels, contrôle strict et pouvoir arbitraire exercé par un leader omniprésent, le mouvement protestataire de Beppe Grillo dérive dangereusement, par certains aspects, vers le gouffre totalitaire, manifestant le dessein utopique de faire exister un pouvoir qui fait corps et se confond avec la société.

La « participation horizontale » prônée et mise en place par le mouvement au moyen d’Internet se double ainsi d’une forme de médiation plus classique, également très appréciée par Grillo pour entrer en relation avec les citoyens : le meeting où la masse, le peuple-un, semble communier avec le chef du mouvement, l’homme-peuple.

Du vote protestataire à l’abstention…

Traversé par des tendances antinomiques, le MoVimento 5 Stelle est aujourd’hui lui-même gagné par des velléités réformistes, avant même d’avoir pu refondre le système politique italien. Alors que certains députés ont déjà manifesté quelques signes d’agacement contre la ligne directrice dictée par Grillo, la lourde chute du M5S lors des élections administratives des 26 et 27 mai a contribué à la fissuration encore plus nette au sein de la formation entre la base et son leader. « La définition de la stratégie politique devrait déjà davantage revenir aux citoyens pour que nous assurions uniquement le rôle de porte-parole »14 déclarait le Président du groupe sénateurs grillini, Vito Crimi, en même temps qu’il constatait la défaite des grillini dans toutes les villes italienne où les électeurs étaient appelés à élire leur maire et leurs conseillers municipaux.

Impuissant, Beppe Grillo a quant à lui justifié le score décevant du M5S en relevant le taux élevé d’abstention qui a marqué ces élections : « Un Italien sur deux n’est pas allé voter. Une abstention record qui témoigne de la crise toujours plus profonde de la partitocratie. Plus que la chute du mouvement, la défaite est celle du système des partis »15. En effet, comme le note Alberto, étudiant en sciences politiques à l’université de Milan « Le MoVimento 5 Stelle a été utile pour exprimer un vote protestataire et a séduit tous les Italiens qui voulait d’abord signifier par ce vote leur mécontentement face aux deux grands partis. Maintenant que le mouvement a rejoint le PD et le PDL au Parlement et qu’il ne peut appliquer les réformes qu’il avait promises, les Italiens ont préféré ne pas aller voter du tout. »16. Une méthode somme toute encore plus efficace pour exprimer leur profond désarroi…

Thibault Guichard