« Polirudesse » et attaques courtoises : les faux semblants de la politesse en politique

Par Kheira BABIN, Kevin BILE ACKA, Laure BOTELLA, Alizé ETCHEGORRY, Marine KERIJAOUEN, Léa LEFEVRE | vendredi 24 février 2017
Compte-rendu du numéro 40 de la Revue Semen « Politesse et violence verbale détournée »

Compte-rendu du numéro 40 de la Revue Semen « Politesse et violence verbale détournée »

Dans le dossier thématique « Politesse et violence verbale détournée », publié en novembre 2015, la revue Semen propose d’interroger les rapports entre la politesse, l’impolitesse et la violence verbale tels qu’ils ressortent aujourd’hui de certaines pratiques médiatiques, journalistiques ou institutionnelles. S’opposant à l’idée préconçue selon laquelle politesse et violence verbale seraient antinomiques, le dossier propose de revenir sur la relation ambiguë qu’entretiennent les deux notions dans le champ du débat et du discours politique. Pour ce qui est de l’état de l’art, la spécificité de cette approche par rapport aux autres études en la matière repose sur l’attention portée à la violence verbale détournée. En effet, la plupart des auteurs ont mené des recherches sur la violence verbale ou sur la politesse. Ici c’est donc l’aspect détourné de la violence verbale, masquée sous les apparences de la politesse ou autorisée par elle, qui fait la spécificité de l’étude. Cette violence détournée est interprétable en fonction du contexte et en l’espèce, les auteurs s’intéressent au contexte politique et au contexte médiatique. Lire la suite

Le pouvoir politique des séries télévisées : mythe ou réalité ?

Par Camille Dely, Mélanie Dosreis, Jade François, Lucie Henman-Roche, Youssara Id-Chrife, Pauline Wathelet | jeudi 16 février 2017

couverture_88Les séries télévisées restent un objet d’étude original pour les chercheurs universitaires, bien que certains s’y intéressent depuis déjà vingt ans. Dans une interview datant de 2014, Marjolaine Boutet, docteure en Histoire et spécialiste des séries, affirme “qu’en France on pense par le noble”, et jusque récemment télévision et séries étaient considérées comme des objets dépourvus de légitimité intellectuelle[1]. Sous l’impulsion de la recherche américaine, les publications académiques traitant des séries sont pourtant devenues plus fréquentes. C’est dans ce cadre que s’inscrit le numéro “Les séries, politique fiction”, dirigé par Antoine Faure et Emmanuel Taïeb, de la revue Quaderni. Le dossier thématique porte sur les séries télévisées de type “drama”, c’est à dire d’une durée de 44 minutes à une heure. Il est composé de sept articles qui abordent le sujet sous des angles très différents. Le point commun qui ressort de la lecture de ce numéro est que chacun des auteurs s’interroge sur le potentiel politique des séries télévisées dans le monde réel, malgré leur dimension fictionnelle. La question se pose de manière bien plus aigüe aujourd’hui qu’il y a dix ans. Les séries sont passées d’un sous-genre déconsidéré, en raison du contenu – jugé pauvre – des soaps prépondérants à l’époque, à un genre à part entière, reconnu pour son inventivité et la qualité de sa réalisation. Pour les contributeurs de ce numéro, il s’agit donc de s’affranchir des préjugés afin de considérer les séries comme un genre digne d’analyse, un matériau de recherche ou même un outil pédagogique. Lire la suite

Cinéma et politique : une rencontre inévitable ?

Par P. Giambelluca, C. Louis, F. Maitre, T. Massamba, M. Ouagazzal, E. Parise | vendredi 10 février 2017
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Compte-rendu du n° 86/hiver 2014-2015 de la revue Quaderni, « Penser le politique par le film »

“Penser le politique par le film, est-ce à dire que le film est politique ?” Le dossier de la revue Quaderni (n°86, hiver 2014-2015) fait appel à une sociologie du cinéma pour décrypter un objet d’étude jusqu’à récemment boudé pour son manque de “noblesse”, à savoir les productions filmiques. Cette revue interdisciplinaire de sciences humaines, publiée aux Éditions de la Maison des sciences de l’homme, rassemble des publications scientifiques qui ont pour objectif d’explorer le champ de la communication ainsi que ses rapports essentiels avec les technologies et le pouvoir. Pour ce dossier, les auteurs proposent de s’interroger sur des productions artistiques particulières, en l’occurrence des œuvres filmiques fictionnelles, pour montrer les tensions qu’elles reflètent ou suscitent dans le monde réel et plus spécifiquement dans l’univers du politique. Il s’agit donc de faire apparaître les liens étroits existants entre l’art et la réception politique qui en est faite. Lire la suite

Plaidoyer et ONG : opportunités et écueils d’une « politisation feutrée »

Par Mathilde Armien, Emeric Fiar, Marion Pericaud, Eric Quillier, Claudia Rossi, Ian Vidal | vendredi 3 février 2017
Couverture Critique Internationale

Compte-rendu, Critique internationale 2015/2 (N°67), “La politique du plaidoyer”

Depuis les années quatre-vingt-dix, un nombre croissant d’organisations non-gouvernementales (ONG) et d’associations tentent de défendre leurs revendications et leurs causes en essayant directement d’influencer les personnes et les institutions publiques détentrices de pouvoir. Cette pratique, appelée « plaidoyer » (advocacy en anglais), se distinguerait des techniques d’influences des entreprises privées qu’est le lobby en raison de sa nature. Historiquement, il semble que  l’octroi d’un statut consultatif des Organisations non-gouvernementales (ONG) au sein du Conseil économique et social des Nations Unies et la remise du prix Nobel de la paix en 1997 à une coalition de six associations pour leur engagement pour la ratification de la convention sur l’interdiction des mines anti-personnelles, soient à l’origine du développement du plaidoyer par la société civile, ONG et autres associations. Ce sujet est traité dans le numéro 37 de la revue Critique Internationale “Politiques du plaidoyer”, publié en 2015, et issu d’un congrès organisé en 2013 intitulé “Plaidoyers et advocates”. Dirigé par Etienne Ollion et Johanna Siméant, le dossier composé de six articles, tente d’analyser les conséquences  de l’immixtion de la société civile dans les sphères du pouvoir politique, lieu où sont prises les décisions. Cette entrée dans la sphère politique fait l’objet d’un rejet récurrent d’une partie des militants, acteurs de la société civile, qui se méfient de l’adoption de ces méthodes, voire dans certains cas, de la professionnalisation du plaidoyer. Cette méfiance ne s’explique pas seulement par la proximité du plaidoyer avec le lobbying, mais en raison des conséquences que pourrait avoir – sur les organisations militantes elles-mêmes – son interaction avec la “sphère des décideurs”. Lire la suite

Entre conviction et calcul : la transgression en politique

Par Megane Tafforeau, Alexandre Gavard, Agathe Bonamour, Thomas Jaquemet | jeudi 26 janvier 2017

Coordination éditoriale de Marie Aynié, Frédéric FogacciCompte rendu de la revue Parlement[s], n°23, Transgresser en politique

Coordonné par Marie Aynié et Frédéric Fogacci, tous deux historiens du politique, et respectivement secrétaire générale du Comité d’histoire de la ville de Paris et directeur du service des études et de la recherche de la Fondation Charles de Gaulle, ce numéro de la revue Parlement[s], revue d’histoire politique propose de s’intéresser à la « transgression et la figure du transgresseur en politique au XIXe et XXe siècle”. La revue affiche une volonté de promouvoir la recherche sur la vie politique française ou internationale, et de couvrir les divers domaines de l’histoire politique en général.   Lire la suite

Une ambition intime : une forme de storytelling provoqué

Par Auriane Calambe | mardi 29 novembre 2016

Le 9 octobre 2016, puis le 6 novembre 2016, un dimanche soir, on découvrit une nouvelle émission d’infotainment, à mi-chemin entre le politique et le divertissement, présentée par Karine Le Marchand : Une ambition intime. Celle-ci a d’ailleurs rassemblé lors du premier rendez-vous un peu plus de 3 millions de spectateurs contre 2,7 millions pour le second[1]; soit une légère baisse mais avec une audience restant élevée pour un dimanche soir. Une émission politique ? Oui, avec comme invitées des personnalités politiques prétendant à la présidence de la République pour 2017, mais dans laquelle on parle de politique d’une façon indirecte. Le but de cette émission est en réalité de montrer chacun de ces candidats dans leur intimité, les découvrir sous un aspect personnel, voire d’améliorer l’image qu’ils renvoyaient auparavant.

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