WELCOME BACK, BAPTISTE !

Publié le mardi - 12 janvier 2016

Baptiste B. photo Irma2Lundi 7 décembre 2015, ambiance calme et détendue, mêlée à la fois d’impatience et de curiosité. Les community managers de la promo 2015/2016 sont déjà installés, prêt à « live tweeter » et à publier sur Facebook l’instant passé avec notre invité. Nous avons le plaisir de recevoir, dans notre salle 421, Baptiste Balezeau, ancien étudiant de la formation, aujourd’hui devenu collaborateur parlementaire auprès de la député de l’Aisne (PS), Vice-présidente de République Moderne (RM), et Vice-présidente de la commission des Lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République : Marie-Françoise Bechtel. Après avoir obtenu une Licence d’Histoire en 2012, à l’université de Franche-Comté et un Master 1 en Communication politique et publique à l’UPEC en 2013, Baptiste Balezeau obtient un Master 2 en Science politique à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et effectue un stage de six mois en 2014 en tant que chargé de mission au Commissariat général à l’investissement auprès de Louis Gallois. Depuis le mois de Juin 2014, il est collaborateur parlementaire de Marie-Françoise Bechtel.

Par Emeric FIARI

En quoi consiste le travail de collaborateur parlementaire ?

Les députés ont la possibilité de recruter des collaborateurs parlementaires pour les assister dans l’exercice de leur mandat et de leurs différentes responsabilités. La plupart des collaborateurs se voient confier des tâches d’assistance et de secrétariat comme la tenue de l’agenda, la prise de rendez-vous, la permanence téléphonique et l’assistance à diverses tâches matérielles. Les collaborateurs les plus qualifiés, disposant par exemple de diplômes de second cycle universitaire, apportent une contribution à l’exercice du mandat parlementaire : rédaction de discours, préparation de propositions de lois et d’amendements, représentation au sein du groupe politique, etc.

Pour Baptiste Balezeau, la communication joue une grande part dans le travail des collaborateurs parlementaires, car il faut essayer de valoriser l’action du parlementaire pour lequel ils travaillent afin de rendre compte de son mandat aux électeurs,mais aussidans la perspective d’une réélection.

Le travail de communication sur l’activité parlementaire est intéressant d’une part, parce qu’il n’y a pas de directeur de communication, pas de budget, pas de moyen consacré à la communication. Il faut se débrouiller avec les moyens du bord (envoi du courrier avec une lettre de la député deux fois par an, utilisation des ordinateurs, etc.).Il faut inventer de nouvelles choses. D’autre part, la communication ne repose sur aucune action. Cela peut devenir très vite problématique.

Tel a été le cas pour introduire une forme de reconnaissance du Burnout dans la loi. Il a fallu avoir recours aux questions orales sans débat. Ces questions sont posées par un député à un ministre lors des séances publiques régulièrement programmées le mardi matin et le jeudi matin lors de la semaine de contrôle qui intervient toutes les quatre semaines.Ces questions, dont la durée est de 7 minutes réponse comprise, concernent principalement les sujets locaux. Elles sont réparties sur le même principe que les questions au gouvernement, alternant les interventions de l’opposition et de la majorité.

Beaucoup de campagnes de lobbying et d’apparitions médiatiques ont eu lieu. Mais ce n’était pas le cas pour la proposition de résolution européenne relative à la juste appréciation des efforts faits en matière de défense et d’investissements publics dans le calcul des déficits publics. On demandait au gouvernement d’agir sur le calcul du déficit. A l’époque la France allait s’engager au Mali. La proposition de résolution a été votée, mais vu qu’elle n’engageait pas le Président de la République, cela n’a pas du tout été repris dans les médias. Ils n’ont pas réussi à communiquer là-dessus car ils n’ont pas su maîtriser l’agenda médiatique et politique, il y a eu peu de débats sur les opérations extérieures de la France et ils n’ont pas su imposer cette question dans l’opinion publique.

Lorsqu’on travaille pour un député, il faut essayer de faire en sorte qu’il se démarque, qu’il soit cohérent, qu’il inscrive son action dans l’histoire. « La députée Marie-Françoise Bechtel est chevènementiste. Il ne faut pas aller à l’encontre de cet héritage afin de respecter ses promesses de campagnes ».

Quelle est la journée-type d’un collaborateur parlementaire ?

Le début de semaine est intense. « Mardi, mercredi est une succession de deadlines. Il faut voter, être capable de fixer des rendez-vous avec les journalistes, les politiques. Les journées sont longues, car parfois les textes sont examinés jusqu’à 4h du matin ».

 Comment articuler le travail ?

Baptiste Balezeau bénéficie de l’aide des administrateurs de l’Assemblée pour les choses vraiment techniques comme la rédaction d’amendement. En temps réel, il travaille avec les autres assistants de la députée qui sont localisés en circonscription.

« En ce qui concerne les amendements, il y a certaines règles : on ne propose pas à l’opposition de signer des amendements. Après, sur certains sujets, quand on fait une lettre au Président de la République, on peut faire circuler l’amendement »(en prenant soin de retirer les membres du FN).

En ce qui concerne les boîtes de lobbying au Parlement, c’est simple, ils ne leur répondent pas. Pour autant, pour le vote, il peut y avoir des menaces.

 Comment mesurer les opinions publiques des circonscriptions ?

Ils n’ont pas de sondage. Ils vont en commander un avant 2017. Il faut le financer. Après ils ont les résultats des élections (« Bureau de vote par bureau de vote, ça nous prend du temps »), le terrain, les discussions avec la famille, les sondages au niveau national, la presse locale. Il leur est arrivé de faire deux communiqués de presse : un pour la presse nationale et l’autre pour la presse locale.

Quelles sont les relations avec les médias ?

 Les relations avec les médias sont simples. Ils savent ce qu’attendent les collaborateurs d’eux : écrire un papier qui ne soit pas trop horrible.En général, ce sont plutôt les collaborateurs qui s’occupent de parler aux journalistes, bien que certains journalistes « stars » ne veulent pas leur parler. Les journalistes sont plutôt sympas avec eux.

Des fois, il met au courant des amis journalistes pour des questions sérieuses.

Pour Baptiste Balezeau la place du numérique est importante. Il nous a conseillé d’essayer de maîtriser les logiciels.

Travailler avec quelqu’un d’autre ?

Travailler avec Marie-Françoise Bechtel est une chance pour Baptiste Balezeau car il a pu choisir avec qui il voulait travailler. « Je ne serai pas très à l’aise pour travailler avec quelqu’un avec lequel je ne suis pas d’accord ». De plus, il a une certaine liberté de parole, exigée par le métier, à la fois constructive pour lui que pour le député.

2017 et après ?

« Il y en a plein qui vont essayer de se recaser avant les élections ». Quant à lui, il souhaite passer le concours d’inspecteur des finances.

En termes de contrat, le métier de collaborateur parlementaire est, comme le dit Baptiste Balezeau, « un CDI à durée déterminée ». Il n’y a pas de convention collective. Les collaborateurs ne sont pas censés faire plus de 35 heures de travail par semaine.

La plupart des collaborateurs sont encartés ; lui ne l’est pas.

Les attentats de Paris du 13 novembre 2015

Les attentats du 13 novembre ont été un cas exceptionnel. Il fallait bien maîtriser ce qu’est un Etat de Droit et un Etat d’urgence. C’était une situation de crise. « Il y a eu des débats hallucinants en commission où on ne comprenait plus qui était de Gauche ou de Droite ».Les députés étaient perdus. Ceux qui sont normalement de Gauche proposaient des amendements qui étaient plus de Droite. « On réagit forcément à l’émotion. C’est difficile de ne réagir en ne voulant pas mettre la sécurité partout ».

Souvenirs, souvenirs

Il est resté en contact avec quelques anciens. Beaucoup sont dans des boites de communication. Il garde un bon souvenir du Master 1 qu’il a passé à l’UPEC, notamment des cours de Stéphane Wahnich.

11h30. Fin de l’intervention de Baptiste Balezeau. Des remerciements. Puis une dernière photo avec l’ensemble de la promo 2015/2016. Merci !

Baptiste Balezeau photo promo