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Une journée en immersion au Parlement de Bruxelles

À l’occasion du semestre européen du Master 1, la promotion s’est rendue le 30 janvier dernier à Bruxelles, accompagnée de quelques enseignant·e·s. Au cœur d’une actualité rythmée par la campagne électorale aux élections européennes, ce fut pour les étudiant·e·s une occasion idéale de s’informer et échanger avec différents acteurs du Parlement européen, notamment la députée Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy. Retour sur une journée dans les coulisses de la politique européenne et de sa communication.

promotion des master 1 communication politique et publique en France et en Europe aux côtés de Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy, députée européenne.

promotion des master 1 communication politique et publique en France et en Europe aux côtés de Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy, députée européenne.

Échanges avec des représentants du groupe Social-Démocrate

C’est un chaleureux accueil qui est réservé au master à son arrivée au Parlement européen de bonne heure. En guise de préambule, Coline Ach, attachée parlementaire de la députée Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy, nous a présenté sa fonction, acceptant de répondre aux questions des étudiant·e·s et enseignant·e·s. Par la suite, c’est Solange Helin-Villes, responsable de la communication et des relations avec la presse du groupe de l’Alliance progressiste des Socialistes et Démocrates au Parlement européen, qui prend la parole afin de détailler la coordination de son action au niveau fédéral. Les enjeux ne sont pas minces, particulièrement en période électorale. Comme pour tous les autres groupes constitués au Parlement, c’est la sensibilité de chaque État qui doit être prise en considération dans la création et la diffusion de supports de communication, articulant de ce fait 28 prismes de compréhension dans un seul message. Le but ? Échanger, informer, communiquer et fédérer les délégations nationales autour des mesures européennes portées par le groupe. Les étudiant·e·s se sont notamment intéressé·e·s à la question de la communication avec le Royaume-Uni dans le contexte du Brexit, mais aussi à l’articulation entre la communication des groupes parlementaires et celle des délégations nationales qui les composent et l’existence (ou non) d’une hiérarchie entre celles-ci.

Le Master a eu également la possibilité d’échanger avec Monsieur Jean-Louis Verheyden, responsable du lobbying et des relations avec la société civile au sein de ce même groupe. Il a partagé sa grande expérience du fonctionnement et de l’activité d’un groupe parlementaire en matière de relations avec les ONG et les syndicats. Après une discussion sur le contexte politique en Europe et les évolutions de la société civile en Europe – notamment à propos des “Gilets Jaunes”, français comme belges –, il a été question des pratiques de lobbying, parfois sujettes à fantasmes – merci House of Cards ! Autrement dit, un bon complément à notre cours sur ce sujet.

Ces échanges ont permis aux étudiant·e·s de saisir les tenants et aboutissants du fonctionnement du Parlement et ont été particulièrement utiles lors de la séance plénière à laquelle ils ont assisté dans l’après-midi.

Hémicycle du Parlement européen à Bruxelles

Hémicycle du Parlement européen à Bruxelles

Rencontre avec Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy, députée européenne

La rencontre du master avec une députée européenne a été l’occasion pour les étudiant·e·s d’approcher de plus près la fonction d’élu·e. D’appartenance socialiste, Madame Revault d’Allonnes-Bonnefoy a bien rappelé sa conception, sa mission et son ambition au sein du groupe Social-démocrate. Très engagée sur la question des transports et de l’écologie, la députée a insisté sur le fait « (qu’)il n’est pas question de compétences techniques mais de valeurs et de courage politique pour les défendre ». Une telle action s’exerce bien entendu, a-t-elle précisé, de concert avec des collaborateurs de confiance, dont l’importance n’est pas négligeable au vu de leurs compétences et leurs qualifications sur les dossiers techniques. Et si pour elle, « il ne s’agit pas d’un métier mais bien d’un mandat », pas question d’abandonner le combat européen. En effet, la députée a insisté sur son engagement quotidien au sein de l’Union européenne, notamment sur les questions de transports pour lesquelles elle se passionne. Cet engagement, pour elle, ne se limite pas à son mandat et Madame Revault d’Allonnes-Bonnefoy compte bien s’investir coûte que coûte pour l’Europe, quand bien même les électeurs ne renouvelleraient pas son siège au Parlement. Nous avons aussi pu discuter des obstacles auxquels peut être confronté·e. un·e député·e européen·ne dans sa relation avec les citoyens.

Cette opportunité d’échanger avec une élue européenne a été très précieuse pour les étudiant·e·s du Master, alors même que l’Union européenne s’apprête à se mobiliser pour les élections. Mais qu’en est-il ?

« Cette fois je vote » : pousser l’abstentionnisme dans ses retranchements

Alors que la campagne électorale des candidats au Parlement européen s’amorce dans les États membres de l’Union, une préoccupation majeure se profile : l’abstention. Phénomène qui n’est pas inconnu en France, il est symptomatique de ces élections. Quoique qualifiée de “normale” dès lors que l’on s’intéresse à l’échelle fédérale[1], l’abstention n’est cependant pas une variable à ignorer. C’est ce qu’a bien compris le Parlement européen, qui a lancé une campagne de communication visant à inciter les citoyens européens à voter pour leurs représentants au Parlement en les impliquant dans la campagne. Ce dispositif a été détaillé à l’attention des étudiant·e·s du master lors d’une conférence spécifique. Le message est clair : « cette fois je vote ».

Visuel de la campagne de communication du Parlement européen « cette fois je vote »

Visuel de la campagne de communication du Parlement européen « cette fois je vote »

Présupposant un fort taux d’abstention lors des précédents scrutins, particulièrement celui de 2014, et sous-entendant qu’en 2019, l’Europe comptera pour les électeurs et permettra leur grande mobilisation aux urnes, ce slogan n’est pas anodin. Prenant acte des erreurs de certaines des précédentes campagnes de communication de l’UE, le dispositif de mobilisation électorale est participatif et repose sur deux volets. Un premier jeu (ou airgame), vise à ce que les participants fassent inscrire un maximum de personnes de leur entourage sur la plateforme du Parlement européen, avec à la clef différents rangs et différentes récompenses. L’objectif est d’atteindre 120 000 personnes inscrites sur cette plateforme. Un deuxième “jeu” (ou groundgame) se tiendra dans différents lieux et villes européennes afin d’appeler à la participation électorale, de manière plus classique. Déclinée sous différentes formes en adoptant les spécificités des régimes des États membres, cette campagne de communication du Parlement européen pose les bases de ces élections : réinvestir l’intérêt des citoyens pour l’Union européenne. C’est là tout l’enjeu.

L’ensemble de la promotion du Master 1 de Communication Politique et Publique tient à remercier le groupe S&D, la députée Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy et bien entendu Caroline Ollivier-Yaniv, Stéphanie Wojcik et Alexandre Borrell pour l’organisation de cette journée.

Selim BEN AMOR et Victor MANCIET (promotion 2018-2019)


[1] Bertoncini Yves, “Le piège de l’abstentionnisme”, Policy Papers, n° 110, 2014, p. 3.

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