Archives mensuelles : novembre 2017

Censure, propagande et contestation : les médias et les mouvements pacifistes durant la guerre du Vietnam

Par Imane KADI, Panji KSATRIYAWISESA, Maéva LARONCE, Laurine LEANG, Mickaël LEGOT, Maxime LEYNAUD | mercredi 22 novembre 2017

En 1965, les troupes américaines sont massivement déployées au Vietnam pour faire face à la crise opposant le nord du pays, soutenu par l’URSS, et les nationalistes du sud, soutenu par les Américains. L’envoi des troupes au sol est décidé par le président américain Lyndon B. Johnson. Ce dernier mène une politique offensive entre 1965 et 1968, provoquant un enlisement du conflit et inaugurant une nouvelle phase de la Guerre froide. Aux Etats-Unis, d’importantes contestations à la guerre voient le jour, dénonçant la violence dont sont victimes la population civile vietnamienne et les soldats américains mobilisés. Les contestations pacifistes n’émergent pas immédiatement après l’entrée en guerre mais plus tardivement, dans la deuxième moitié des années 1960. Qu’est ce qui explique cette prise de conscience et comment se sont constitués les mouvements contre la guerre du Vietnam? La thèse dominante a longtemps été celle du rôle clé des médias américains, qui auraient dévoilé au public les horreurs du conflit. Pourtant, ce rôle fut, on va le voir, beaucoup plus ambivalent. Au début, les médias américains subissaient la censure de Washington et de l’armée. Mais dans un second temps, les journalistes vont prendre conscience de la réalité sur le terrain et changer la tonalité de leurs articles. En parallèle, de nombreux titres de presse vont émerger aux Etats-Unis afin de contester et d’organiser les mouvements contestataires contre la guerre. image2-vietnam Lire la suite

Du neighborhood watch aux « voisins vigilants » : entre rhétorique solidaire et logique sécuritaire

Par Anaïs Duval, Lauraly Gasteau, Guillaume Faucher, Jeanne Dufour, Alexandre Ghaffari, Adèle Epossi Mbonjo | vendredi 3 novembre 2017

Si l’entraide entre voisins n’est pas nouvelle, l’idée d’une surveillance de voisinage organisée l’est davantage. Elle apparait dans l’Amérique coloniale avec les Town  Watch. Suite au tourbillon social que subissent les Etats-Unis dans les années 1960 avec les luttes pour les droits civiques et les répressions policières qui les accompagnent, le Neighborhood Watch s’impose aux yeux de ses promoteurs comme une solution à la montée de « l’insécurité » dans les rues. D’autres pays vont importer le dispositif. C’est le cas notamment de la France, d’abord sous la forme d’une « initiative citoyenne » pour lutter contre les cambriolages, lancée en 2002, puis sous l’impulsion de la Start Up « Voisins Vigilants », en 2012. Cette entreprise privée propose, ou plutôt vend ses services aux citoyens et municipalités intéressées. Le relatif engouement suscité par la démarche dans le pays pousse  les autorités publiques à la réglementer en 2011. Ce dispositif qui se veut « apolitique » ne manque pas d’interroger. Comment expliquer son essaimage à l’échelle nationale ? Dans quelles conditions a-t-il reçu l’appui des pouvoirs publics ? Comment articule-t-il la défense affichée de l’intérêt général avec cette semi-délégation d’enjeux de sécurité à des acteurs privés ? S’agit-il de renforcer la citoyenneté, le lien social, la qualité de vie et la sécurité dans les quartiers, comme l’affirment ses promoteurs, ou bien de la vitrine d’une idéologie sécuritaire, faussement apolitique et fondamentalement conservatrice voire réactionnaire comme l’affirme ses opposants ?ville_voisins_vigilants Lire la suite