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Debout la République, une campagne à base d’actions coup de poing

Depuis la parution de son ouvrage L’arnaque du siècle,  le 31 mars 2011, Nicolas Dupont-Aignan de Debout la République a organisé plusieurs actions « coup de poing » visant à dénoncer la supercherie que constituerait selon lui la monnaie unique. Le candidat souverainiste s’y est d’ailleurs pris très tôt pour entrer en campagne afin de gagner en notoriété. Comme de nombreux partis et mouvements en manque de moyens financiers, Debout la République est  conscient que la seule façon de médiatiser sa campagne est de « surfer sur l’actualité » et d’insérer ses actions et revendications dans un agenda médiatique auquel il  est contraint de se plier.
Ne pouvant être présent en continu dans les médias en raison de leur manque d’intérêt (ou du manque d’intérêt supposé de leurs audiences), un « petit parti » comme Debout la République n’a donc d’autre choix que d’organiser des actions ponctuelles à fort potentiel médiatique et dans la limite de ses moyens financiers, dans l’espoir qu’elles soient reprises par les journalistes. À ce titre, les actions dites « coup de poing » sont privilégiées, car la télévision est très friande d’images « chocs ». Pour le spécialiste du marketing électoral Philippe J. Maarek, on peut qualifier les campagnes basées sur des actions ponctuelles  de campagnes « stop and go », dans la mesure où elles s’arrêtent et reprennent à mesure de leur répercussion dans les médias.
Déjà dans le clip promotionnel de son dernier ouvrage, Nicolas Dupont-Aignan avait choisi un format incisif de web vidéo destinée (à priori) à faire le buzz et dans laquelle NDA (pour les intimes ou les simples internautes) cherchait à payer ses courses avec un billet de 100 francs. Ce à quoi la caissière au ridicule t-shirt estampillé « I love Barroso, I love Trichet, I love OMC, I love BCE, I love €uro » répondait : « Ah non Monsieur Dupont-Aignan, pas 100 Francs ! 100 Euros ! Avec l’Euro, tout est six fois plus cher ! ». Nul doute que les parodies ont fusé, avec au premier rang celle réalisée par le Petit Journal de Canal + : « Le 31 mars, l’Arnaque du siècle est en librairie ». Parodie ou non, cette reprise médiatique est une véritable aubaine pour NDA, puisqu’elle lui permet une visibilité accrue dans les médias.
On observe depuis cette date une recrudescence d’actions chocs lancées par Debout la République. Ainsi, s’insurgeant contre la hausse des tarifs des péages sur l’autoroute, NDA a organisé le 1er février une opération « péage gratuit » au cours de laquelle il a ouvert la barrière du péage Saint-Arnoult, en Ile-de-France. Il a précisé sur Twitter la veille et devant les caméras en direct que cette opération était uniquement symbolique et s’en est allé dès l’arrivée de la police.
Le 7 février, NDA a profité de la couverture médiatique offerte par le vingtième anniversaire de la signature du traité de Maastricht pour dénoncer de nouveau « l’arnaque » de l’Euro. Il s’est alors rendu dans un supermarché pour commenter et comparer les prix de deux chariots types de la ménagère, l’un avant le passage à l’euro, l’autre après.
Des images de ces deux actions « coup de poing » ont été diffusées à la télévision, notamment dans les différents JT des chaînes publiques.  Au delà des directives du CSA (qui impose d’offrir un traitement d’antenne équitable à tous les candidats), l’organisation d’actions de communication ponctuelles mais « chocs » reste donc le moyen privilégié par les « petits partis »  de faire passer leurs idées dans les médias.
NDA l’a effectivement bien compris : quand on est un « petit candidat », mieux vaut répéter son message autant de fois que les médias voudront bien l’entendre… Quitte à casser les oreilles de ceux qui écoutent.
Rebecca Smadja

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