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Signes et symbolique du Bourget Ou quand les détails choquent…

Le 22 janvier 2012 a vu se réunir près de 25 000 personnes au Bourget pour écouter François Hollande dans le cadre de son premier grand meeting de campagne. Depuis, le meeting a été beaucoup commenté et le discours très critiqué. Mais nul n’a parlé de la symbolique de l’évènement. Or, communiquer, en politique comme ailleurs, c’est d’abord une affaire de symbolique. Les mots, les pauses et les silences sont aussi importants, aussi signifiants que les lieux, les espaces et les sons. Plus ou moins consciemment, nous ressentons, nous vivons un discours tant par ce qui est dit que par comment et dans quel contexte il est dit.
Alors, il est dommage de constater que les communicants socialistes n’ont porté leur attention que sur les seuls signes évidents, comme si les signes « cachés », connexes étaient anodins et invisibles… Ainsi, seuls ont été réfléchis et soigneusement choisis le lieu, l’organisation de la salle, la localisation des écrans géants, le choix de l’artiste, etc. De ces signes évidents, on a su tirer profit. Quant aux autres, ils sont restés indéterminés, flottants…
Par exemple, le lieu est délibérément signifiant : le Bourget, c’est à la fois un haut lieu de l’histoire militaire et une ville du « neuf cube », département célèbre pour ses âmes perdues et sa pauvreté, pour ses quartiers difficiles que le socialisme veut sauver… Le choix de l’artiste est également volontairement signifiant : Yannick Noah, métisse, bobo, artiste préféré des Français, incarne par ses chansons les valeurs de la gauche, et surtout la valeur du changement. Oui, mais… Si la chanson « aux arbres citoyens », chantée pour l’occasion avec les paroles ancestrales de « aux armes citoyens ! » était dans le juste, il n’en va pas tout à fait de même pour « Angela », dont la prose retrace l’histoire de la lutte des populations noires pour la liberté et l’égalité. Oui, mais… François Hollande n’a-t-il pas proposé d’inscrire dans la Constitution la Loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État ? Quid de la laïcité ? Avec « Angela », personne n’a-t-il remarqué la référence séraphique ?
De plus, choisir Yannick Noah est également contestable sous un autre aspect : l’artiste devrait 580 000 Euros au fisc, ce qui ferait de lui un « évadé fiscal », et donc à priori un ennemi de François Hollande, au même titre que les spéculateurs financiers…
Les détails qui choquent, il y en eu beaucoup d’autres. Comme cette image d’un homme noir, projetée sur l’écran géant à droite de la scène, au moment même où François Hollande prononçait une longue tirade sur l’erreur tragique qui consiste à considérer que l’ennemi a une origine, une couleur particulière. Que cet homme noir sur l’écran ne soit nul autre que Pape Diouf, l’ancien président de l’Olympique de Marseille, ne change rien au manque de finesse symbolique.
Autre phénomène marquant de ce « délit de faciès à rebours » : la présence délibérée dans le choeur de jeunes militants chantant la Marseillaise d’un ou une représentant(e) de chaque minorité socio-culturelle ou même physique. Un obèse et une obèse étaient en effet présents sur le podium au côté du candidat socialiste, d’un jeune homme visiblement asiatique, de jeunes visiblement arabes, etc. Il est clair que dans ce cas, la symbolique de la chorale était volontairement recherchée par les organisateurs de l’évènement, ce qui n’excuse rien. Toutefois, pour leur défense, on peut ironiser et dire que s’il n’avait pas été montré la mixité sociale, cela aurait été tout autant dommageable pour l’image du parti.
Enfin, dernier détail qui dérange : la retranscription approximative du discours sur les écrans géants. Ainsi, on a vu apparaître sur les trois écrans géants centraux non seulement de graves fautes d’orthographe, mais aussi des erreurs plus graves comme la confusion entre Eisenhower et Adenauer… C’était effectivement de l’opposant au nazisme et père fondateur de l’Europe Konrad Adenauer dont parlait François Hollande et non du Général et Président américain Dwight D. Eisenhower… Alors, s’il est « assez socialiste » de choisir un scripteur qui fait fi des normes orthographiques et donc des normes sociales, il est pourtant délicat de n’avoir point corrigé cette bévue historique qui changeait le sens du discours…
Plus largement, ces signes connexes – aussi infimes soient-ils – ont un poids réel dans l’interprétation des discours politiques, car ils sont porteurs de sens, au même titre que les mots et les gestes. Aussi, ils doivent faire partie intégrante du travail hautement symbolique du communicant politique.

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